Points SIGAPS : à quoi servent-ils pour une publication médicale ?

Les points SIGAPS servent à mesurer et valoriser les publications scientifiques des établissements de santé, mais ils ne se résument pas à un simple calcul individuel.

Les points SIGAPS sont souvent évoqués dès qu’une thèse de médecine peut devenir un article scientifique. Ils comptent pour les établissements de santé, peuvent peser dans l’évaluation d’une activité de recherche, et influencent parfois le choix d’une revue.

Mais ils sont aussi facilement mal compris. Un point SIGAPS n’est pas une prime versée à l’auteur. Ce n’est pas non plus le seul critère de valeur d’une publication. L’objectif de cet article est de clarifier à quoi servent les points SIGAPS, ce qu’ils mesurent, et ce que cela change concrètement pour un interne ou un médecin qui publie.

Ce que mesure SIGAPS

SIGAPS signifie Système d’Interrogation, de Gestion et d’Analyse des Publications Scientifiques. C’est un outil utilisé par les établissements de santé pour recenser et analyser leur production scientifique.

En pratique, SIGAPS permet notamment :

  • de repérer des publications scientifiques liées à des auteurs d’un établissement ;
  • de demander aux auteurs de confirmer ou infirmer leurs publications ;
  • de classer les publications selon la revue, la discipline et la position des auteurs ;
  • de produire des indicateurs pour un auteur, un service, un pôle ou un établissement ;
  • d’alimenter des mécanismes de valorisation institutionnelle.

Le CHU de Nîmes rappelle par exemple que SIGAPS recense automatiquement les publications via PubMed et MEDLINE, puis nécessite une validation par les auteurs pour éviter les erreurs d’homonymie.

À quoi servent les points SIGAPS ?

Les points SIGAPS ont trois usages principaux.

UsageÀ quoi cela sert
Suivi individuelDocumenter l’activité de publication d’un auteur ou d’une équipe
Évaluation académiqueAppuyer un dossier de carrière, de poste, de responsabilité ou de recherche
Financement institutionnelContribuer au calcul d’une partie des financements liés à la recherche

Pour un interne, l’intérêt est surtout indirect : publier améliore le CV scientifique, peut renforcer un dossier hospitalo-universitaire ou de clinicat, et contribue à l’activité de recherche de l’établissement.

Pour un établissement, les publications validées participent à la reconnaissance de son activité scientifique et peuvent entrer dans les calculs de financements MERRI.

Comment une publication est repérée puis validée

Une publication ne devient pas automatiquement “utile” dans SIGAPS au seul moment où l’article est accepté.

Il faut généralement plusieurs étapes :

  1. l’article est publié dans une revue référencée ;
  2. la publication est repérée dans les bases utilisées par SIGAPS ;
  3. les auteurs sont associés à leur établissement ;
  4. les publications sont vérifiées, notamment pour éviter les homonymes ;
  5. l’auteur ou l’établissement valide la publication dans SIGAPS.

Ce point est très concret. Si votre nom est fréquent, si votre prénom est abrégé, ou si votre affiliation est mal rédigée, la publication peut être plus difficile à repérer correctement.

Ce qui compte dans le score

Le score SIGAPS dépend de plusieurs éléments.

ÉlémentConséquence pratique
RevueLa revue est classée par catégorie selon sa discipline
Position d’auteurPremier, deuxième, dernier ou autre rang ne sont pas équivalents
Nombre d’auteursIl influence le partage de la contribution dans le calcul fractionnaire
AffiliationL’établissement doit pouvoir rattacher correctement la publication
ValidationUne publication non validée ou mal rattachée peut ne pas être comptabilisée correctement

Historiquement, le score était souvent expliqué comme un produit entre un coefficient lié à la revue et un coefficient lié à la position d’auteur.

Cette explication reste utile pour comprendre l’esprit du système, mais elle ne suffit plus à décrire correctement les usages récents.

Ce qui a changé avec la réforme de 2021

Depuis 2021, la logique SIGAPS a évolué vers un score fractionnaire. L’idée est de mieux représenter la contribution de chaque auteur, plutôt que de ne valoriser que certaines positions fortes pour un établissement.

En simplifiant, le score fractionnaire tient compte :

  • de la catégorie de la revue ;
  • de la position de chaque auteur ;
  • de la somme des contributions des auteurs ;
  • des affiliations rattachées aux établissements.

Cela signifie qu’il ne faut pas raisonner uniquement avec l’ancien calcul “coefficient auteur × coefficient revue”. Selon la situation, plusieurs auteurs et plusieurs établissements peuvent être valorisés de façon fractionnée.

Différence entre score individuel et financement MERRI

Il faut distinguer deux choses.

Le score individuel ou d’équipe sert à suivre et valoriser une activité scientifique. Il peut être utile dans un CV, un dossier de carrière, une évaluation de service ou un bilan d’activité.

Le financement MERRI concerne l’établissement. Les publications scientifiques contribuent à une partie de la dotation recherche, avec des règles budgétaires nationales. Les fiches et circulaires DGOS décrivent cette logique à l’échelle des établissements, pas comme une rémunération directe des auteurs.

Autrement dit : une publication peut contribuer à la valorisation financière de l’établissement sans que l’auteur reçoive directement une somme équivalente.

Pour les estimations financières, le sujet est plus détaillé dans l’article sur la valeur des points SIGAPS.

Ce que cela change pour un interne ou un thésard

Si votre thèse peut être publiée, les points SIGAPS ne doivent pas être votre seul objectif. Mais vous devez comprendre les implications pratiques.

Les bons réflexes :

  • choisir une revue adaptée, fiable et correctement indexée ;
  • vérifier les règles de signature de votre établissement ;
  • utiliser une affiliation complète et conforme ;
  • prévenir votre directeur ou votre service de la soumission ;
  • vérifier après publication que l’article est correctement repéré ;
  • valider la publication dans SIGAPS si l’établissement le demande ;
  • garder une copie de la référence bibliographique finale.

Le choix de la revue reste une étape centrale. Les points SIGAPS peuvent entrer dans la discussion, mais ils ne doivent pas faire oublier l’adéquation scientifique. L’article dans quelle revue publier sa thèse de médecine détaille cette démarche.

Ce qu’il ne faut pas déduire des points SIGAPS

Les points SIGAPS sont utiles, mais ils ont des limites.

Ils ne disent pas, à eux seuls :

  • qu’un article est méthodologiquement solide ;
  • qu’une publication a eu un impact clinique réel ;
  • qu’une revue est le meilleur choix pour votre sujet ;
  • qu’un auteur a réalisé seul l’ensemble du travail ;
  • qu’une publication doit être préférée à une autre pour une raison scientifique.

Ils mesurent une forme de production scientifique institutionnelle. C’est important, mais ce n’est pas toute la valeur d’un travail de recherche.

Faut-il viser les points SIGAPS ?

La bonne réponse est nuancée.

Oui, il est pertinent de connaître les points SIGAPS si vous publiez dans un établissement de santé, si votre service suit son activité de recherche, ou si vous préparez un parcours hospitalo-universitaire.

Non, il ne faut pas choisir une revue uniquement parce qu’elle rapporte plus de points.

Une stratégie raisonnable consiste à viser une revue :

  • adaptée au sujet ;
  • indexée et visible ;
  • fiable sur le plan éditorial ;
  • cohérente avec le niveau du travail ;
  • compatible avec vos délais et vos frais ;
  • intéressante pour la valorisation SIGAPS si plusieurs options équivalentes existent.

Sources utiles

En pratique

Les points SIGAPS servent surtout à valoriser la production scientifique d’un établissement, d’un service ou d’un auteur. Pour un interne, ils ne doivent pas devenir une obsession, mais ils justifient de soigner la publication, la revue choisie, l’affiliation et la validation après publication.

Dans une stratégie de valorisation de thèse, commencez par le fond scientifique, puis par le choix de la revue. Les points SIGAPS viennent ensuite comme un critère de valorisation, pas comme le point de départ.

Pour replacer cette étape dans le parcours global, consultez le guide Publication scientifique ou l’ensemble des guides de thèse.

Questions fréquentes

Est-ce qu’un interne peut générer des points SIGAPS ?

Oui, si la publication est rattachée à un établissement pris en compte dans SIGAPS, correctement affiliée et validée dans le système. La règle exacte dépend du contexte d’affiliation et de validation.

Une publication dans PubMed donne-t-elle forcément des points SIGAPS ?

Non. PubMed aide au repérage des publications, mais la valorisation SIGAPS dépend notamment de l’indexation, de la revue, de l’affiliation des auteurs et de la validation dans l’établissement.

Est-ce que le premier auteur rapporte plus de points SIGAPS ?

La position d’auteur compte dans le score. Depuis la réforme de 2021, le score fractionnaire mesure davantage la contribution de chaque auteur, au lieu de ne retenir que certaines positions fortes.

Les points SIGAPS rapportent-ils directement de l’argent à l’auteur ?

Non. Les points SIGAPS servent surtout à la valorisation institutionnelle et au financement des établissements. Ils peuvent aussi compter dans l’évaluation d’une activité de recherche, mais ne constituent pas une rémunération directe.

Faut-il choisir une revue uniquement pour les points SIGAPS ?

Non. Les points SIGAPS peuvent entrer dans la réflexion, mais le choix d’une revue doit d’abord reposer sur l’adéquation au sujet, l’indexation, la qualité éditoriale, les frais, les délais et la crédibilité scientifique.